30 octobre 2015

Le BDB met les réfugiés à l'honneur!

En Belgique, comme dans d'autres pays, les réfugiés arrivent en nombre. Ce flux migratoire provoque deux réactions opposées.

La première réaction est la peur voire la colère.

Que va-t-on faire d'eux? Ils sont musulmans et peut-être islamistes. Ils vont prendre notre travail, nous voler notre argent. Ces réactions naissent de la peur de l'Autre, de tout ce qui est différent de soi. J'espère qu'en Belgique, ce type de réactions sera limité.

… Parce que l'AUTRE, eh bien, ça pourrait être TOI !

Imagine, une guerre éclate en Espagne, à Madrid. Tu entends les balles sifflées au-dessus de ta tête lorsque tu vas acheter du pain. Tu perds tes amis de classe, un par un. Ta classe se vide, il n'y a plus assez de professeurs. Imagine-toi l'IES Conde de Orgaz, avec sa belle cours remplie de gravats, la porte barricadée, les couloirs plongés dans le noir, les grandes vitres qui t'apportent chaleur et lumière sont alors criblées de balles. Pense qu'à tout moment ta vie peu basculer.

C'est en se mettant à la place des migrants, qu'une série de personnes ont eu une seconde réaction : l'entraide. Alors, on se mobilise! On collecte de vêtements chauds pour passer l'hiver, on donne des tentes qu'on installe dans les parcs, des jeunes vont animer des enfants pour leur amener un peu de joie eux, qui ont vu les pires horreurs.


Les migrants sont restés longtemps dans des tentes dans un parc à Bruxelles. Puis, il a commencé à faire froid. Il a été parfois difficile de les reloger et comme d'habitude les politiciens (au chaud dans leur appartement 250 m2) fermaient les yeux, faisaient comme si tout allait bien.

Alors certains Belges ont décidé de les accueillir chez eux. Voici le témoignage d'une de ces belges : Marcelle, 72 ans.
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Arrivée il y a deux semaines après un voyage éprouvant de deux mois, la famille Mezrab a trouvé refuge chez Marcelle Bennick, une pensionnée de 73 ans. "J’habite toute seule et je possède un appartement vide et meublé de 15 m2", nous explique-t-elle, "je me suis dit que vu la crise de l’accueil que nous vivons actuellement, cette pièce pourrait tout à fait être occupée par une famille de réfugiés. Du coup, ils habitent en bas et moi à l’étage."

Marcelle était la première Belge inscrite sur le listing des citoyens acceptant d’héberger des réfugiés. Une rencontre, encadrée par la plateforme citoyenne et un traducteur, a eu lieu entre la famille et Marcelle avant l’hébergement. Le contact a tout de suite pris. "Je leur ai dit qu’ils pouvaient venir chez moi quand ils voulaient, d’autant que l’accueil dans les centres n’est pas agréable", poursuit Marcelle.

Latifa et Abderazak sont donc arrivés en Belgique avec leurs trois enfants Farah, Ahmed et Hala, âgés de 6 à 10 ans. "Nous avions une vie confortable en Syrie, jusqu’à ce que la guerre commence. Nous habitions à Alep, une ville qui a été touchée de plein fouet par la guerre. Nous n’avons pas eu d’autre choix que de partir", explique Latifa, "notre maison et notre voiture ont été détruites, nous n’avions plus rien ! Mon mari a été forcé de quitter son métier de menuisier et aujourd’hui on se retrouve en Belgique chez Marcelle. Les Belges sont admirables, on est très reconnaissant de l’accueil chaleureux qui nous a été réservé."

Pendant que les trois enfants jouent et rigolent, Latifa nous explique son périlleux voyage vers la Belgique. "Nous avons traversé neuf pays dans des conditions souvent inhumaines", poursuit Latifa qui maîtrise les bases d’anglais, "nous avons déboursé environ 9.000 € pour un voyage qui aura duré deux mois. Nous avons connu beaucoup de péripéties et avons alterné les modes de transport. Parfois des bus, une voiture, de la marche à pied et du bateau. Notre embarcation, remplie de réfugiés, a d’ailleurs failli couler mais par chance nous avons survécu."

Depuis leur arrivée, un lien d’amitié très fort s’est construit entre la famille et Marcelle. "Notre cohabitation se passe merveilleusement bien", explique cette généreuse pensionnée, "les premiers jours, je cuisinais, et un soir Latifa m’a proposé de m’aider. Elle nous a concocté un excellent plat syrien", se remémore Marcelle, qui encourage tous les Belges pouvant se permettre d’accueillir des réfugiés à passer à l’acte.

"Ces gens sont comme nous. Ils avaient une maison, une voiture, un métier. Personnellement, j’ai connu la guerre quand j’étais enfant. Aujourd’hui en Belgique, nous sommes nés au bon endroit au bon moment, mais il faut penser à ce que l’on aurait pu être. On aurait également pu se retrouver sur la route à l’heure actuelle. Ne l’oublions jamais", conclut Marcelle qui espère désormais que Latifa et Abderazak pourront facilement s’insérer dans la société belge.
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Ce n'est pas toujours facile de se mettre à la place de l'autre. Il faut essayer d'imaginer les raisons qui les poussent à quitter leurs pays, leurs familles, leurs racines.

La chaine nationale belge, la RTBF, a posé la question : Et si le conflit syrien avait lieu en Belgique ?

Cet article donne des éléments de réponses.

Si tu n'arrives toujours pas à t'imaginer la vie en Syrie, voici deux vidéos qui t'aideront à le faire :

La vie d'une petite fille en temps de guerre:


Les secondes les plus choquantes d’une petite... por Spi0n

Martin Weill du Petit Journal suit les migrants depuis la Turquie :

Martin en Turquie avec les migrants - Le Petit Journal du 07/09

Alors, réfléchis...

Toi, en Espagne, quelle réaction vas-tu avoir face aux migrants ? Peur ou compassion ?

Je vous donne rendez-vous dans un mois, pour un nouveau BDB sur le thème de Noël.

Je vous embrasse,

Florence, votre correspondante depuis la Belgique ;)

2 commentaires:

  1. Salut Florence! Je suis Miriam (j'espère que tu te rappelles de moi). Je me réjouis de lire tes post sur le blog (très interessants à proposse), parce que ça signifie que tu emploies une partie de ton temps à tes ancients élèves. Je te manque beaucoup. J' aurai pour toujours une bonne mémoire de toi et des moments que on a passé dans les classes de quatrième secondaire et dans l' échange à Lavelanet. Désirant lire la prochaine publication! Un bissou :)
    P.S.: Pardon par les erreurs orthographiques, je veux essayer d'écrire en français.

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    1. Hola Miriam, claro que recuerdo de ti, del intercambio y de las clases de francés! Veo que has mejojado tu francés porque he entendido todo. Estos artículos es una manera para mi guardar contactos con España porque España es una parte de mi mismo. Te doy abrazos. Si pasas por Bélgica no dudas llámame. Florence

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